Environnement Le fléau s’est étendu à une majorité des arbres de la ville de Sainte Maxime et pourrait s’ etendre dans tout le Golfe de Saint Tropez. Selon les spécialistes, 70 % des palmiers seraient infectés par le Paysandisia Archon
Ce papillon qui tue nos palmiers

Paru Samedi 12 juillet 2008, Nice Matin
Photo : X. G.
La perforation des palmes est l’un des premiers symptômes que l’on peut observer.
Son nom est Paysandisia Archon et il menace les palmiers. S’il est moins redoutable que son cousin Rhynchophorus Ferrugineus (Charançon rouge), le papillon dévastateur n’en est pas moins omniprésent dans le Sud-Est de la France, particulièrement à Sainte-Maxime.
Dans la commune, la FREDON Paca (Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles) coordonne et organise la lutte. Éric Chapin, technicien pour le syndicat agricole, prête main-forte au service des espaces verts de la ville. Il avoue ne plus parler de « foyer d’infection mais [bien] de fléau » et estime à près de 80 %, dans certaines zones, la proportion de palmiers atteints entre le golfe et Saint-Aygulf. Pour Sainte-Maxime, les prévisions de certains spécialistes s’élèvent à près de 70 % des plusieurs milliers de palmiers infectés.
Pierre Martres, habitant de la commune, témoigne : « j’ai vu la taille de mon Chamaerops diminuer de moitié ! » Il explique sa stupéfaction quant à « l’immobilisme » dont semblent faire preuve les pouvoirs publics et les particuliers « face à une menace bien réelle », mais reconnaît que « les solutions de traitement manquent cruellement. »
Trous, galeries et sciure
Mais le dépistage d’un palmier « malade » n’est pas aisé. Les symptômes sont en fait multiples : perforation des palmes, observation de trous et de galeries sur la base des palmes lors de la taille, présence de sciure sur la base des pétioles, desséchement des palmes puis de l’ensemble du végétal et enfin dépérissement du palmier.
Karine Panchaud, technicien-expert phytosanitaire « redoute [pour le département du Var] une hécatombe similaire à celle qu’a connue l’Hérault ». Aux côtés de son mari, cette spécialiste du Paysandisia a créé la société Vegetech et mise ainsi sur la prévention et la lutte « en amont.
Nous collaborons avec les pépinières qui en font la demande afin de contrôler chaque spécimen et d’apporter une garantie de la bonne santé du palmier » explique le biologiste.
Lutte aux champignons
Pour autant, Karine Panchaud déplore un « manque de concertation entre scientifiques et politiques », et elle n’est pas la seule. Principale conséquence : la méconnaissance des propriétaires de palmiers.
Les moyens pour lutter contre le papillon ne sont pas légions : le traitement curatif chimique a été remis en cause, notamment depuis l’interdiction du Zolone DX. Il est à noter que l’efficience des insecticides chocs n’est pas négligeable.
Pour ce qui est du traitement biologique, une technique de lutte basée sur un champignon microscopique vient d’être homologuée. Mais elle n’est disponible qu’à l’usage des professionnels.
La véritable efficacité des moyens d’action réside néanmoins dans la prévention et l’information à travers, notamment, les avertissements agricoles de la FREDON. À l’attention de tous, pépiniéristes et propriétaires de palmiers. Pour que cesse le fléau.
Arthur Bachès
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